Ils seront peut-être ses médecins de demain. Le centre hospitalier de Montluçon mise sur l’avenir et accueille désormais des externes en médecine. Trois de ces étudiants qui n’ont pas encore passé le concours de l’internat ont été accueillis en neurologie, en orthopédie et au service ORL. Ils y ont suivi des stages de 6 à 9 semaines.
C’est une nouveauté pour l’hôpital montluçonnais : il n’accueillait jusque-là que des internes, plus avancés donc dans leur cursus. Une manière de s’inscrire dans la politique nationale d’universitarisation des établissements de santé, y compris périphériques. Une manière aussi de semer des petites graines… en pensant à l’avenir.
Jusqu’à il y a quelques semaines, Martin Gras n’avait qu’un vague souvenir de Montluçon. "Dans ma vie privée, une fois, je suis venu pour un week-end".Il y a quelques mois, cet étudiant en cinquième année de médecine originaire de Grenoblea décidé de venir y poser ses valises un peu plus longtemps. "La scolarité de l'université de Clermont nous a envoyé un mail pour nous proposer des stages en périphérie. On avait une liste de terrains de stage. J'ai vu Montluçon, l'orthopédie. J'ai toujours eu envie de faire de la chirurgie. Je me suis dit, je vais prendre cette occasion pour aller à Montluçon". Où le jeune homme a pu bénéficier de conditions d’accueil différentes de ce qui est parfois proposé dans des C.H.U forcément très demandés.
"Quand vous avez plus d'externes que de patients suivis, par définition, les étudiants ont moins d'occasion d'expérimenter, de faire des examens cliniques. Ce qui est plus possible dans les hôpitaux périphériques qui accueillent moins d'étudiants", détaille le docteur Julien Dubreucq, référent pédagogique 2e cycle à l’université Clermont Auvergne.
A l’heure du bilan, Martin Gras semble ne pas regretter son choix. "Je suis allé dans beaucoup de blocs différents. J'ai appris beaucoup de choses au bloc. Cela m'a vraiment aidé. Je retiendrais l'autonomie par rapport au CHU".Un témoignage positif dont le centre hospitalier espère qu’il profitera à l’avenir. "Plus les satges ici se passeront bien, plus ils auront envie de revenir. Il n'y a jamais aucune garantie. Mais si on accueille 25 à 30 étudiants par an sur cinq ans, on mise sur le fait que certains voudront revenir à Montluçon. Ou en tout cas verront l'hôpital de Montluçon de manière différente", espère le directeur Guilhem Allègre.
L’établissement montluçonnais qui veut aussi travailler sur la professionnalisation de l’accueil de ces externes via la formation des médecins.
Le reportage complet diffusé dans nos journaux de ce mercredi.
Elément important, le centre hospitalier propose la prise en charge des frais de repas des externes, ainsi que de l’hébergement, via une maison dont il est propriétaire et qu’il a faite rénover. Elle est destinée à accueillir des stagiaires en co-location.