Cette fois, ils ont pu accéder au centre-ville. Entre 800 et 1.000 personnes ont défilé pour le pouvoir d’achat, la défense des emplois et des services publics, hier à Montluçon. Un cortège assez étendu donc qui s’est élancé de la place Jean-Dormoy, encadré par une importante escorte policière.
Parcours classique ensuite, en direction de la place Jean-Jaurès, par un boulevard de Courtais qui avait été écarté des tracés des dernières manifestations contre la vie chère, sur décision préfectorale. Au cœur du défilé, beaucoup de mécontentement.
Elle est présente dès le début de la manifestation. Lucille tente de rameuter ses camarades restés au lycée madame de Staël. "On en a appelé quelques-uns pour qu'ils nous rejoignent, car on n'était pas beaucoup ce matin au blocus". Par manque de communication, selon la jeune femme, car sur le fond, assure-t-elle, la colère reste bel et bien présente. "Il faut continuer le mouvement! Ils ont dit qu'ils allaient mettre plus de places dans Parcoursup mais c'est une miette. Nous on ne veut pas ça, on veut de grands changements".
Des changements auxquels aspire aussi Jérémi. "Il faudrait que ça bouge. Et vite". Ce salarié de Rockwool à Saint-Eloy constate que son pouvoir d’achat est en berne. "C'est de plus en plus compliqué pour arriver à la fin du mois, même en travaillant. Cela fait quinze ans que je travaille. J'ai l'impression d'avoir un salaire comme si je venais de débuter. C'est malheureux". Véronique, retraitée, est inquiète pour sa pension. "On a travaillé quarante ans, et on nous demande de faire des efforts. On ne l'a pas volée notre retraite. Par contre, les ministres eux ont de quoi vivre".
Un ras-le-bol qu’ils ont été nombreux à exprimer, à Montluçon. Secrétaire de l’Union départementale Force Ouvrière de l’Allier, Gaëlle Sipos espère que la mobilisation portera ses fruits. "C'est une belle mobilisation. On espère que ça va continuer. Pas forcément dans la durée. Mais que le mouvement soit suffisamment important pour obliger le gouvernement à se poser les bonnes questions". Si ce n’est pas le cas, nous reviendrons, ont promis, hier, les représentants des organisations syndicales
Il ne devrait pas y avoir de défilé demain samedi au départ de la zone Saint-Jacques, contrairement aux trois samedis précédents. Mais des Gilets jaunes ont appelé à un temps de rassemblement et de discussion à 14 heures, au rond point de la zone Saint-Jacques.